Les bibliothèques Carnegie

Un jeune Andrew Carnegie
Un jeune Andrew Carnegie
Photo gracieusementofferte par le Carnegie Corporation de New York

 

Les jeunes années de Carnegie

« L'homme capable d'entrer en pleine possession de son propre esprit sera
en mesure de s'approprier tout ce à quoi il peut prétendre avec raison. »
— Andrew Carnegie

Andrew Carnegie est née le 25 novembre 1835 à Dunfermline, une villed industriel dan le sud de l'cosse. Fils de William Carnegie, un artisan tisserand, et de Margaret Carnegie, Andrew Carnegie naît le 25 novembre 1835. En participant au British Chartist Movement ainsi qu'à la Tradesmen's Subscription Library qu'il a contribué à créer, William Carnegie exerce une grande influence sur Andrew, qui est ainsi exposé à des opinions politiques radicales et à une vision démocratique du monde. Malgré l'accent mis sur l'importance que revêt l'éducation, Andrew Carnegie se voit contraint d'abandonner ses études pour aider à subvenir aux besoins de sa famille. En 1848, l'entreprise paternelle ayant souffert de l'industrialisation du secteur du tissage en Grande-Bretagne, les Carnegie quittent Dunfernline, leur ville natale située dans le sud de l' Écosse , pour les États-Unis. Après s'être finalement établis à Allegheny, en Pennsylvanie, le jeune Carnegie occupe plusieurs emplois industriels avant que la compagnie des chemins de fer de Pennsylvanie ne l'embauche. Devenu l'assistant du directeur, Carnegie acquiert les ficelles du métier et apprend à investir. En mettant en pratique les compétences acquises dans l'industrie et en faisant preuve de perspicacité, Carnegie investit dans les chemins de fer, le pétrole et le fer, ce qui lui permet, à l'âge de trente ans, d'amasser une petite fortune. Carnegie ne fait cependant véritablement fortune – celle pour laquelle il est surtout célèbre de nos jours - que lorsqu'il prend le contrôle de l'industrie grandissante de l'acier. Fondateur - en 1889 - et propriétaire de la Carnegie Steel Company, Carnegie engrange les bénéfices de ce qui deviendra bientôt le plus grand fabricant d'acier aux États-Unis.

Les initiatives philanthropiques de Carnegie

[Photo]« Même si elles détiennent par ailleurs des talents impressionnants, les personnes qui se révèlent incapables de se motiver devront se contenter de médiocrité. » - Andrew Carnegie

Ayant fait siens le principe d'éducation gratuite pour tous et la notion de société méritocratique, Andrew Carnegie investit énormément de ressources et d'énergie dans des institutions qui soutiennent et encouragent ses convictions. À l'âge de 35 ans, Carnegie décide de se séparer de ses entreprises commerciales et de se consacrer à la philanthropie et à l'écriture. En 1901, après avoir vendu la Carnegie Steel Company à J.P. Morgan pour la somme de 480 000 000 $, Carnegie fonde un grand nombre d'institutions afin de contribuer au financement de plusieurs projets éducatifs à travers le monde. La Carnegie Corporation of New York et la Carnegie Endowment for International Peace, qui existent toujours de nos jours, sont les plus remarquables d'entre elles. Carnegie était persuadé qu'au-delà du simple profit personnel, l'argent devait être dépensé de façon à soutenir la cause la plus importante à ses yeux : le droit de chacun de pouvoir accéder à une éducation gratuite. Carnegie a vu la bibliothèque publique comme le vecteur idéal lui permettant de concrétiser cette conviction. C'est en ces termes qu'à l'occasion de l'inauguration de l'une de ses bibliothèques publiques gratuites il fit part de ses convictions :

C'est l'esprit qui enrichit le corps. Aucune classe n'est plus pitoyablement misérable que celle qui ne possède que de l'argent et se trouve dépourvue de toute autre chose... Mes aspirations se situent à un niveau plus élevé. La mienne est d'avoir contribué au développement et aux joies de l'esprit, au développement de la pensée, à la... douceur et la lumière. Cela constitue à mes yeux la plus noble façon de faire usage de la richesse.

Carnegie et les bibliothèques publiques gratuites

Brantford Public Library« Aucun berceau de démocratie n'est plus fertile que la bibliothèque publique gratuite, cette république des lettres, où ni le rang, ni la fonction, ni la fortune ne font l'objet de la moindre considération. » - Andrew Carnegie

Carnegie était convaincu que le meilleur moyen de permettre l'accès gratuit à l'éducation et d'encourager les collectivités en pleine expansion résidait dans la construction de bibliothèques publiques. Ce faisant, Carnegie était persuadé qu'il pouvait donner à la population les outils nécessaires pour réussir, indépendamment des origines socio-économiques. Au cours de sa vie, Carnegie a investi 65 millions de dollars dans la construction de 2 509 bibliothèques à travers le monde. Sur les 125 bibliothèques Carnegie qui furent construites au Canada, 111 le furent en Ontario.

Pour réaliser sa vision d'une éducation gratuite et démocratique, Carnegie, aidé de son ami de longue date et associé en affaires, James Bertram, conçut plusieurs critères pour l'octroi de subventions. Cette démarche fut connue sous le nom de « Formule Carnegie ». Elle imposait à chaque ville déposant une demande de subvention Carnegie de  :

  • prouver la nécessité de construire une bibliothèque publique
  • fournir le terrain sur lequel serait implantée la bibliothèque
  • fournir, sur une base annuelle, dix pour cent du cot de la construction de la bibliothèque afin de financer ses coûts opérationnels.
  • ne se servir du bâtiment que comme d'une bibliothèque – les plans de construction ne devant pas inclure d'autres installations municipales ou à vocation récréative.

Le montant d'une subvention type octroyée par Carnegie s'élevait à environ 10 000 $ - une somme qui équivaudrait aujourd'hui à approximativement 650 000 $. Au total, Andrew Carnegie a investi 2 556 600 $ dans la construction de bibliothèques au Canada. En leur apportant des services indispensables, l'utilisation de ces sommes a contribué de façon notable au développement de petites collectivités à travers le monde. Elle a également permis la construction d'un grand nombre de bâtiments spectaculaires qui font la réputation de nombreuses villes.

La vision d'un nouveau système de bibliothèques publiques

Andrew Carnegie dans une bibliothèqueLa vision que Carnegie avait d'un monde où l'éducation serait gratuite et durable n'a pas simplement mené à la construction de centaines de bibliothèques à travers le monde, mais a également permis d'innover quant à leur mode de fonctionnement. Ce qui différenciait principalement la structure des bibliothèques publiques Carnegie des autres fut le passage de rayonnages fermés à des rayonnages accessibles à tous. Carnegie était convaincu que ce simple ajustement permettrait d'aller encore plus loin dans l'approche démocratique qu'il avait de l'éducation. Alors que les rayonnages fermés nécessitaient l'assistance d'un bibliothécaire, les rayonnages accessibles à tous mettaient les ouvrages à la disposition immédiate du public et encourageaient les personnes à feuilleter les livres et à effectuer leurs propres choix, tout en leur permettant de le faire. Reconnues à la fois pour leur fonctionnalité et leur esthétisme architectural, les bibliothèques Carnegie sont devenues le symbole tant des principes d'éducation que de ceux d'un homme éternellement dévoué à sa cause.

L'héritage laissé par Carnegie

« Il n'y a que par le biais de l'éducation du peuple que l'homme
peut construire une civilisation durable. » - Andrew Carnegie

Bien qu'un grand nombre de bibliothèques Carnegie aient été rénovées et reconverties ou démolies, 63 des 111 bibliothèques ontariennes d'origine fonctionnent toujours en tant que tel. Au cours de sa vie, Andrew Carnegie a financé de nombreuses causes éducatives dans le monde entier, s'élevant à plus de 350 000 000 $. Il a contribué à modifier l'approche qu'avait la population de l'éducation et en a facilité l'accès. Il a également modifié le paysage nord-américain. Andrew Carnegie est décédé le 11 août 1919 à l'âge de 84 ans des suites d'une broncho-pneumonie. Les institutions et les fiducies qu'il a créées pendant sa vie continuent de promouvoir et de mettre en valeur l'éducation et la culture à travers le monde, tandis que les idées et les causes qu'il a nourries et dans lesquelles il s'est tant impliqué continuent de prospérer.

Sources

  1. Beckman, Margaret; Langmead, Stephen; Black John. The Best Gift. Toronto : Dundurn Press, 1984
  2. Bruce, Lorne D. « The Electronic History File: Canadian Library Biographies and Histories. » Libraries Today. Septembre 2004
  3. Bruce, Lorne D. Free Books for All: The Public Library Movement in Ontario, 1850-1930. Toronto. Dundurn Press. 1994
  4. Carnegie, Andrew. « Mr. Carnegie's Address », dans « Presentation of the Carnegie Library to the People of Pittsburgh, with a Description of the Dedicatory Exercises, November 5 th, 1895 (Pittsburgh: The City of Pittsburgh, [1895]), 13-14. » Carnegie Library of Pittsburgh, 14 mai 2003
  5. Carnegie, Andrew. « The Gospel of Wealth. » Modern History Sourcebook: Andrew Carnegie: The Gospel of Wealth : 1889. Aot 1997
  6. Carnegie Corporation of New York. The Carnegie Corporation of New York
  7. Chad , Barry L. « Bridging the Urban Landscape: Andrew Carnegie, A Tribute. » Carnegie Library of Pittsburgh, 14 mai 2003
  8. Grønnestad, Wendy. « Canadian Carnegie Libraries Outside of Ontario. » University of Alberta School of Library and Information Studies, juillet 2001
  9. « Philanthropy of Andrew Carnegie » Columbia University Libraries: Rare Book and Manuscript Library, 23 mars 2005
  10. « Toronto's Carnegie Libraries » Toronto Public Library: About the Library, 12 juin 2003
  11. Walsh Glen A. « History of Andrew Carnegie and Carnegie Libraries. » Mardi 31 mai 2005